MICRO-JARDIN ET AGRICULTURE URBAINE

La crise alimentaire et financière de 2008 a entrainé au Sénégal une hausse de la pauvreté et de la malnutrition. Dans la ville de Thiès, une étude réalisée dans le cadre du Programme de Renforcement de la Nutrition a estimé à 10% de la population le taux de malnutrition. Il a également été mis en avant que les premières personnes concernées par ce problème étaient majoritairement les femmes enceintes, et les enfants de moins de 5 ans.

Pour lutter contre cette problématique, le CEEDD a vu dans le micro-jardinage une solution permettant à chaque famille de cultiver un potager tout en s’adaptant aux limites de l’espace urbain. C’est ainsi que les formations en micro-jardinage, débutées en 2006, ont pris par la suite un essor considérable, soutenues par des organismes tels que la FAO ou des services déconcentrés. 

Le principe : une nourriture diversifiée, source de revenus


Le micro-jardinage, c’est permettre à chaque famille de cultiver dans un espace restreint plusieurs variétés de légumes et plantes aromatiques. Ces récoltes, qui s’adaptent parfaitement aux besoins alimentaires des ménages, peuvent être constituées de salades, choux, gombos, aubergines amères ou encore menthe et basilic, selon les goûts de chacun. De plus, la vente des excédents des récoltes constitue une activité génératrice de revenus pour les femmes actives dans ce domaine. Cela leur permet ainsi d’améliorer leurs conditions de vie et d’assumer plus facilement leurs dépenses quotidiennes. 




Techniques

Plusieurs méthodes existent pour pratiquer le micro-jardinage. Le CEEDD utilise notamment un système inspiré de l’hydroponie à l’aide de flottines, composée de plaques de polystyrènes et de mousses, dans lesquelles on insère les plantes à développer. Une autre solution est d’opter pour de la culture en sol qui sera enrichi par la présence de fumier ou de compost constitué d’ordures ménagères. Enfin, la dernière méthode de culture adoptée par le CEEDD est celle sur substrat solide, composé de coques d’arachides, balles de riz et des cailloux.

Ces substrats peuvent être placés sur différentes formes de supports :


  •   Des bacs, ou tables, en bois, constitués de morceaux de palettes, avec une profondeur d’environ 20 cm, et une largeur d’environ un mètre

  •  Des matériaux issus de la récupération : pneus, bidons, bouteilles en plastiques

  • Ces supports de culture sont donc des solutions respectueuses de l’environnement, œuvrant à la fois à la réduction des déchets en zone urbaine tout en sensibilisant les populations à la nécessité de la récupération. De plus, des produits phytosanitaires naturels sont utilisés pour protéger les cultures (huile de neem) et pour la fertilisation (tourteaux).


En venant au CEEDD, vous pourrez visiter ses jardins, véritables vitrines d’expositions des techniques employées et exemples pour les femmes bénéficiaires.



Les formations du CEEDD

Si vous êtes intéressé(e)s par ces pratiques, venez au CEEDD vous renseigner ! Grâce à l’appui des services déconcentrés, tels que le Service départemental du développement rural (SDDR) et des institutions internationales comme la FAO, les femmes du CEEDD sont devenues formatrices. En fonction de vos besoins et des projets actuellement mis en œuvre, nous pouvons vous proposer différentes formations :

  • Formation aux techniques de micro-jardinage : repiquage, entretien, vente,...
  • Mise en place et suivi des jardins potagers : diversification des productions, mise en valeur du sol, gestion de l’eau, conservation des produits, utilisation des produits du jardin pour la préparation des repas familiaux,...
  • Formations en transformations des produits du jardin : confiture, sirop, jus etc.
  • Formations ponctuelles : gestion financières, entrepreneuriat etc.